Mon deuxième deux-cents kilomètres 2017 – « le tour des Bries »

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Après mon Melun-Tours du 27 janvier, il fallait que je me concocte un parcours sympathique pour mon deuxième deux-cents kilomètres de l’année. Compte tenu des délais, j’ai opté pour rouler local. Mais rester sur mes parcours habituels n’a que peu d’intérêts. Il me fallait trouver un parcours qui sorte un peu de l’ordinaire. Une idée m’est venue ! Pourquoi ne pas relier des villes emblématiques de la Seine-et-Marne liées par une même thématique culturelle, ou historique…? Assez rapidement, il m’est venu l’idée de relier les villes des bries : Melun, Montereau, Nangis, Provins, Coulommiers, Meaux et retour sur Melun. Le tour des bries me semble être une bonne occasion de parcourir mon département en faisant un peu la promotion de nos fameux bries que je me garderais bien de consommer pendant mon périple.

L’objectif de cette nouvelle aventure est de continuer à développer mon endurance en vu de ma participation aux 7 majeurs. Il s’agit notamment de maintenir ma vitesse moyenne au-dessus de vingt-cinq kilomètres par heure sur plus de deux-cents kilomètres tout en commençant à cumuler de la dénivelée.


Melun – Montereau

Il est 7h56 lorsque que je quitte l’agglomération melunaise pour Montereau-Fault-Yonne. Le ciel est couvert et les bulletins météorologiques n’annoncent rien de bon pour la journée. La température ambiante semble vouloir se stabiliser à moins d’un degré Celsius. La vallée de la Seine me sert de rampe de lancement et surtout d’échauffement. Cependant, comme l’objectif de cette sortie consiste aussi à maintenir une moyenne horaire autour de 25 voir de 27 km/h, je profite du profil assez plat des bords de Seine pour faire tourner les jambes en mode vélocité avec une vitesse qui oscille autour de trente kilomètres par heure. J’établis ainsi un nouveau record personnel sur le segment STRAVA Fontaine-le-Port – Héricy (1).

A Héricy, je bifurque pour rejoindre Champagne-Sur-Seine par Fontaineroux. Première côte, premières sensations : je suis bien ! Je laisse provisoirement la vallée de la Seine derrière moi et m’enfonce sur le plateau. La campagne briarde est calme, quelques cheminées fument dans les villages traversés dans ce matin frisquet. Je trace ma route, emmitouflé dans ma veste thermique. Pas un bruit, pas une voiture, seuls quelques chiens aboient sur mon passage. Progresser dans un tel calme est un vrai plaisir, c’est comme si le froid ambiant étouffait tous les sons !

Je laisse rapidement Fontaineroux et Champagne-sur-Seine derrière moi et retrouve le tracé sinueux de la Seine que je ne vais plus quitter jusqu’à la Grande-Paroisse. A partir de Vernou-la-Celle, la départementale trente-neuf n’est plus très plate et la dénivelée positive s’accumule ! Ce ne sont pas des cols, tout au plus quelques petites côtes plus ou moins pentues. Mais elles sont là et les premiers hectomètres de dénivelée s’accumulent. Les petits ruisseaux font les grandes rivières et chaque côte compte ! Cela fait déjà une heure que je roule lorsque je me présente au pied de la côte de la Grande-Paroisse, ma moyenne s’établit à 29 km/h. La côte est belle, et un peu plus longue que les précédentes. Les rues demeurent toujours aussi désertes. Je traverse rapidement le village où seules les odeurs des cheminées donnent des signes de vie humaine. Les premiers quartiers de Montereau-Fault-Yonne se présentent devant moi : la première étape de mon parcours du jour est atteinte. Pas le temps de chercher une fromagerie, en ville basse, pour déguster un morceau de brie de Montereau, de son vrai nom « Ville-Saint-Jacques » dont le goût pourrait se situer entre le Brie de Melun et le Coulommiers. Je dois maintenant filer en direction de Nangis.


Montereau –  Nangis

Durcir un peu le parcours est une exigence qui s’impose à moi dans le but de préparer ma participation aux 7 majeurs. J’avais la possibilité de choisir une route plus directe pour Nangis en empruntant la D 210 jusqu’au rond-point de Montigny-Lencoup, mais j’ai pris la décision de réaliser un petit détour par l’une des côtes les plus prisées des cyclistes du secteur : la côte de Trechy via Saint Germain Laval. Je rejoindrai ensuite Nangis par Salin et le rond-point de Montigny-Lencoup. Cette partie de mon parcours est accidentée à souhait. Je laisse donc Surville derrière moi et poursuit ma route. La quasi absence de véhicules me permet de rejoindre et dépasser Saint Germain Laval assez rapidement. C’est un véritable plaisir !  Après une heure trente-six minutes d’une bonne partie de manivelles, je me présente au pied de la côte de Trechy. Inutile d’y laisser des cartouches qui me seront utiles en fin de parcours, Je passe cette première difficulté avec une moyenne d’ascension d’un peu plus de quatorze kilomètres par heure. Il en sera de même sur la côte suivante : la côte de la « croix de chute ». Par contre, sur la côte en sortie de Salin, me sentant en forme et bien malgré moi, j’établis un nouveau record personnel avec une vitesse moyenne d’ascension de plus de seize kilomètres par heure. Je m’en réjouis mais une fois de plus ce n’était pas l’objectif.

J’atteins Nangis après moins de deux heures et trente minutes de route. Je n’ai guère le temps de glaner un petit morceau de brie de Nangis bien qu’il soit doux et fondant et plus petit que ces confrères. Je dois me diriger vers Rampillon puis contourner Provins.


Nangis –  Provins

Rampillon est un joli village situé à quelques coups de pédales de Nangis. Des habitants commencent à sortir, mais ils sont encore rares.  Je laisse la très belle église de Rampillon sur ma gauche et tourne en direction de la Croix en Brie. En ce matin gris et froid, la traversée de l’ancienne route nationale dix-neuf est un jeu d’enfant. Ce qui traditionnellement est loin d’être le cas, je dirais même, pour être sincère, que je ne m’y risquerai pas en vélo aux heures de pointe. Je poursuis ma route vers Chenoise en laissant Provins sa Tour César et ses remparts sur ma droite. Si le Brie de Provins est un excellent fromage au lait cru et son goût relativement doux, je me dispenserais d’en déguster un morceau préférant me concentrer sur mes cent-quarante kilomètres restant.


Provins – Coulommiers

Initialement, j’avais prévu de passer par Marolles-en-Brie pour me faire offrir un café chez mon ami Boris. Vous êtes peu à l’avoir rencontré, mais si vous me suivez, vous avez déjà pu lire sa prose. Car il laisse régulièrement des commentaires humoristiques ou taquins sur le site. Donc disais-je, initialement je devais passer boire un café chez Boris. Malheureusement c’était sans compter sur une erreur d’aiguillage qui a conduit mon GPS à vouloir me faire passer, à tout prix, à travers champs à hauteur d’Amillis. En vélo tout terrain passe encore, mais en vélo de route c’est moins pratique. De fait, je me suis vu contraint de continuer tout droit, au feeling, en direction de Chailly-en-Brie, sans passer par Marolles-en-brie et sans boire de café. Ne t’inquiète pas Boris, ce n’est que partie remise ! J’imagine déjà ton prochain commentaire….Mais avec un peu de chance peut-être que tu ne liras pas cet article !

Après quatre heures et trente minutes d’effort, je laisse sur ma gauche les faubourgs de Coulommiers. Vous avez tous entendu parler de ce savoureux fromage. Attention le véritable Coulommiers est produit, non pas en Normandie, mais bien dans la Brie. Les connaisseurs disent même que le lait de ce brie est considéré comme l’un des meilleurs de l’aire de production Briarde. Pour ma part, je repars en direction de mon avant dernière ville étape « Meaux ». Les premières gouttes m’ont déjà saisie depuis quelques kilomètres et il me reste encore une centaine de kilomètres à parcourir pour boucler mon tour des bries.


Coulommiers –  Meaux

Je ne sais pas si je suis doué, mais c’est à partir du village du même nom qu’un déluge va venir freiner ma belle progression sans compter le vent qui s’est levé et qui me fait face. Si ma moyenne horaire s’était calée autour de vingt-sept kilomètres par heure, ces nouvelles conditions météorologiques la font baisser progressivement. En traversant le hameau de Courte-Soupe au kilomètre cent-trente, je me dis que j’en prendrais bien une pour me réchauffer un peu. Hélas, je me contenterai d’une banane rapidement avalée à l’abri d’un arbre. Je laisse Pierre-Levée et Montceau-lès-Meaux derrière moi et atteint enfin Trilport. Plus qu’une soixantaine de kilomètres devant moi. Déguster un morceau de Brie de Meaux dans ces conditions serait vraiment gâcher un « Prince des fromages et premier des desserts ». Car c’est aussi son surnom ! Je m’engage donc sur le retour vers Melun.

 

 

Meaux – Melun

La pluie ne s’arrangeant pas, je m’enferme dans ma bulle et roule en essayant de faire abstraction des conditions météorologiques. Les villes et villages défilent : Fublaines, Nanteuil-lès-Meaux, Magny-Saint-Loup, Bouleurs, Crécy-la-Chapelle, Tigeaux, Dammartin-sur-Tigeaux, Mortcerf. A partir de Mortcerf, la forêt va m’offrir un moment de répit. Le revêtement n’est pas très bon, mais au moins la pluie, amortie par la forêt, se fait moins forte. J’en profite pour faire une dernière pause restauration. Mes gants son trempés et j’ai bien du mal à les remettre tellement ils sont imbibés d’eau. Je repars pour les quarante derniers kilomètres.

Dans Chaumes-en-Brie, j’ai vécu un de ces grands dilemmes du cyclisme : s’arrêter dans la boulangerie et acheter des viennoiseries pour se requinquer ou poursuivre sa route en pensant à la chaleur de son foyer. La faible distance me séparant de ma coach préférée, m’a conduit à poursuivre ma route sans céder à la gourmandise.

Les tours du château fort de Blandy-les-tours jouent leur rôle de point remarquable. A leur vue, je sais que j’approche du but. Les jambes se font plus légères, la vitesse remonte comme dirait Boris « ça sent l’écurie ! ».

Je clos mon tour des bries en huit heures et trente minutes. Soit une moyenne de vingt-cinq kilomètres par heures sur plus de deux-centre-treize kilomètres et mille-six-cent-quatre-vingt-trois mètres de dénivelée positive. Je peux maintenant m’accorder une collation revigorante et réserver une part de Brie de Melun pour un prochain festin.

Ma prochaine aventure de deux-cents kilomètres devrait me conduire de Melun à Bourges…

(1) Chaque cycliste abonné à l’application Strava, a la possibilité de créer des segments qui peuvent être des portions de parcours ou des côtes, etc.où l’application enregistrera a chaque passage les temps de passage. Chaque cycliste abonné qui passe ensuite sur ce segment est classé et chaque record personnel établi lors de ce passage s’affiche dans l’application. Pour moi, il y a deux façons d’aborder ces records personnels calculés par l’application Strava. La première qui consiste à penser qu’ils sont le reflet de notre condition physique du moment. Il s’agit alors de les ignorer pendant son entrainement en se concentrant uniquement sur les objectifs de la séance et de les analyser uniquement au retour comme des indicateurs de forme  La seconde qui se veut être une quête : « faire tomber ses propres records » pour le plaisir de se battre contre soi-même, quitte sur une séance à passer plusieurs fois sur le même segment de parcours pour tenter d’améliorer ses chronos précédents. En début de saison cette quête à tout prix me semble inutile. Il faut surtout se concentrer sur son plan d’entraînement et ne pas griller de cartouches inutiles. Il n’en sera pas de même d’ici quelques mois lorsque j’irai à la chasse au KOM (King Of Mountain). Pour beaucoup, la chasse aux KOM est une quête, un Graal ! On ne se bat plus seulement contre soi-même, mais contre tous en essayant de monter dans un classement établi sur chacun des segments. Pour moi c’est surtout un jeu qui vient mettre un peu de piment dans l’entrainement. Ça permet de faire du rythme tout en essayant de se dépasser.