Mes vingt-sept derniers cols de la saison 2015…

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La région de Mâcon est idéale pour qui souhaite faire un peu de dénivelée et chasser un grand nombre de cols. On peut très rapidement accéder aux monts du Mâconnais vers le Nord en direction de Tournus ou aux monts du Haut-Beaujolais vers les départements du Rhône et de la Loire. Ce n’est certes pas les Alpes ou les Pyrénées mais il ne faut pas pour autant présumer de ses forces lorsque l’on s’engage dans une chasse aux cols dans cette région. Les Monts du Mâconnais et le Haut Beaujolais se situent sur l’arrête orientale du Massif Central. Les raidards y sont nombreux et les portions de plat quasi inexistant. Les sorties peuvent ainsi s’y avérer usantes. Je peux même annoncer avoir franchi les plus forts pourcentages de ma carrière de cyclistes. J’y reviendrais plus tard. Le sommet le plus haut est le Mont St Rigaud, il qui domine de ses 1012 m le Haut-Beaujolais et le Mâconnais.

Les monts du Mâconnais et du Haut-Beaujolais
Les monts du Mâconnais et du Haut-Beaujolais dans le Massif Central.

 

Ce n’est donc pas innocemment que nous avons choisi cette région pour une dernière chasse aux cols 2015. L’objectif de cette dernière aventure 2015 était de franchir la barre symbolique des 200 cent cols franchis. Côté logistique, nous n’avons pas cherché bien longtemps un camp de base. Le Gîte « Les Pierres Fleuries » que nous avions découvert lors de l’édition 2015 de la Bourgogne Cyclo nous semblait parfaitement adapté à notre objectif. Et l’accueil y est tellement bon, qu’il était inutile d’aller chercher ailleurs. Et sa situation sur le lieu-dit de Bourgneuf sur la commune de Chânes, au pied de coteau de Saint Amour, entre les monts du Macônnais et le haut Beaujolais, en fait une position stratégique.

Première journée de chasse aux cols.

Dès le lendemain de notre arrivée, profitant du beau temps qui règne sur le Mâconnais, je décide de m’élancer pour une première chasse de 17 cols dans le haut Beaujolais. Je ne le sais pas encore, mais ce sera la sortie la plus difficile de la semaine.

Au programme plus de 130 km et 2800  mètres de dénivelée positive. L’altitude des cols oscille entre 400 et plus de700 mètres. Le parcours chemine entre les grands crus et les forêts de mélèzes. Rouler au mois de décembre dans le Haut Beaujolais, c’est aussi parcourir des dizaines de kilomètres seuls. Pas l’ombre d’une voiture, pas un seul bruit de moto sur de très longues portions de routes. Seulement deux cyclistes croisés en fin d’après-midi et quelques vaches, quelques chèvres. Le silence absolu s’impose comme compagnon de route que seul le sifflement de la chaîne ou le cri d’un rapace viennent troubler. La fusion avec la nature est totale. Il n’y a que dans les vignobles que l’on rencontre une présence humaine. Quitter les vignes, c’est s’engager dans des espaces désertés. Même certains petits villages semblent comme abandonnés.

Sur ce premier parcours en terres Beaujolaises, les cols s’enchaînent les uns derrières les autres.

Julienas 1

Julienas 2

Col de Durbize

Col de Durbize 2

Col de Truges

Col de la Crie

Col de la Casse Froide

Col de la Croix Marchampt

Col de la croix Rosier

Col de la Croix Montmain

Col de Favardy

Cols des Escorbans

20151208_121200

Après un peu plus de sept heures d’effort, 131 kilomètres parcours et 2578 mètres de dénivelée positive, je clos cette première chasse aux cols dans le Mâconnais. Mon compteur des cent cols affiche alors 203 réussites. Mon objectif de passer le seuil des 200 cols en 2015 est donc atteint. A partir de maintenant, tous les cols qui vont être gravis viendront contribuer au nouveau seuil des 300 cols. Le temps fort de cette première chasse au col aura été sans nul doute l’ascension du Mont Saint Rigault depuis Propières. Le départ est époustouflant et le final exceptionnel. Sur le raidard du départ la pente oscille entre 17 et 18 %. Il s’agit d’une belle mise en jambes. Sur le final la pente dépassement allègrement les 20%. Le site « col cycliste.fr » annonce même 22%. J’avoue qu’en danseuse on ne peut pas garder l’œil sur le compteur en permanence et devant l’ampleur de la pente, il est difficile de rester bien sagement calé sur sa selle. Encore une belle sortie de grimpeur.

Ascension du col de Brouilly

La deuxième sortie dans le Haut Beaujolais va nous emmener, mon coach et moi, au col de Brouilly. Il s’agit d’un simple aller et retour Bourgneuf/Brouilly pour un peu plus de 57 kilomètres. La température est assez fraîche, mais le soleil est bien présent. Le parcours nous fait passer par les plus beaux crus du Beaujolais : Saint-Amour, Chénas, Fleury, Villé-Morgon et enfin Brouilly. Qui dit grands crus dit vignobles. Autant dire que l’on est toujours en prise : ça monte ou ça descend. Et la dénivelée oscille généralement entre 5 et 7%.

Jusqu’à Saint-Nizier, nous empruntons de petites routes qui serpentent dans les vignobles. Comme pour ma première sortie, nous ne rencontrons presque personne, mis à part quelques viticulteurs qui procèdent à la taille des vignes. A partir de Saint-Nizier nous bifurquons à gauche sur la D337. S’agissant de la route de Belleville, la circulation est beaucoup plus soutenue et les camions y circulent en nombre. Il en sera ainsi jusqu’au sommet du col de Brouilly. Après avoir franchi 914 mètres de dénivelée positive, nous sommes de retour au Gîte. Le coach a souffert un peu ! Cette sortie était pour elle une sortie de reprise. Elle tenait à s’essayer sur un parcours un peu accidenté. Nous avons donc tenté de trouver un parcours pas trop difficile, mais dans le Haut Beaujolais les portions de plats sont inexistantes. Si elle termine la sortie exténuée elle est heureuse d’avoir tenu jusqu’au bout.

Troisième chasse aux cols reportée.

Le jeudi devait me permettre de réaliser une troisième chasse aux cols, Cependant, la météo en décidera autrement car à notre réveil la région s’est emmitouflée d’une ouate grise. Les coteaux de Saint amour ont disparu, ce qui ne laisse rien présager de bon à de plus hautes altitudes. Nous décidons donc d’attendre la levée du brouillard avant d’envisager une quelconque activité. Le soleil ne montrera le bout de son nez qu’aux alentours de 14 heures. Cette heure tardive est plus propice à l’ascension de la Roche de Solutré qu’à une chasse aux cols car dans deux à trois heures le soleil ira se cacher derrière les cimes du Haut Beaujolais et la nuit refera son retour. Nous ne regrettons pas notre choix ! La vue sur les vignes est sublime.et les couleurs de cette fin d’automne sont merveilleuses. Le ciel embrumé par une multitude de petits foyers allumés dans les vignes donne une couleur pâle au soleil d’hiver. Nous profitons du calme et la sérénité des lieux en nous délectant de la vue. Et quel bol d’air !
Le brouillard sur Saint Amour

Le brouillard s'est retiré sur Saint Amour

La roche de solutrée 1

Solutré - Pouilly 1

Roche de Vergisson 1

Roche de Vergisson 2

Roche de Vergisson 3

La roche de solutrée 2

Dernière chasse aux cols 2015.

Le retour approche en ce vendredi. Le propriétaire du gîte « Les pierres fleuries » nous ayant aimablement encouragé à profiter des derniers instants. Nous avons donc décidé de m’octroyer une dernière chasse aux cols. A ma grande joie, je dispose d’une matinée supplémentaire pour faire tourner le compteur des cent cols. Je m’élance donc sur un parcours d’un peu plus de 70 kilomètres. Au programme les cols de Durbize, du Fût d’Avenas, de la Serve, de la Crie, de Champ Juin, de la Croix de l’Orme, de Boubon, de la Sibérie, de Gerbet et enfin de la Grange au Bois avant un retour par Chasselas et Leynes.

La fenêtre de temps est assez contrainte. Il faut en effet que je sois de retour, au plus tard vers 13 ou 14 heures, pour un retour sur l’île de France en fin d’après-midi. Aussi, pour gagner du temps je décide de ne pas réaliser de reportage photo car à raison de 5 minutes par col c’est presque une heure qu’il faut consacrer à l’immortalisation de mes réussites. Je m’élance donc avec deux objectifs : enchaîner les cols en un temps minimum et surtout me faire plaisir !

Avec -1°C la température est assez fraîche sur la première partie du parcours. Par endroit la route est blanche ce qui incite à la prudence pour ne pas aller au sol notamment dans les parties encore à l’ombre. Mais le soleil est bien présent et réchauffe vite l’atmosphère. Comme pour les sorties précédentes je progresse sur des routes désertes. Un véritable paradis pour cycliste ! Disposant de peu de temps, j’ai essayé de ne pas trop lézarder, même si je n’ai pu m’empêcher de m’arrêter pour contempler la vue sur la plaine de la Saône. Le soleil rasant du début de matinée commençait à dissoudre les nappes de brouillard. Les paysages semblaient comme figés dans la brume. Le soleil pâle donnait encore plus de contraste au rouge orangé des feuillus et des vignes et au vert foncé des mélèzes. Aucun bruit ne venait troubler ce moment de quiétude.

Le parcours initial comprenait 13 cols pour un peu plus de quatre-vingt-quatorze kilomètres. Cependant, la contrainte de temps m’imposait de réduire quelque peu le parcours. J’ai donc pris l’option de couper au col de Gerbet pour rejoindre le dernier col du jour : le col de la Grange du Bois par la D627. Je termine ma sortie en 3h48 avec plus de 1600 mètres de dénivelée positive. Je suis dans le temps imparti et mon compteur des cent cols affiche dorénavant 213 réussites.

Je vous donne rendez-vous au printemps 2016 pour de nouvelles aventures montagnardes.