La Bourgogne Cyclo 2019, pluvieuse à souhait…

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Pour son édition 2019, la Bourgogne Cyclo a été sélectionnée par l’Union Cycliste Internationale (UCI) pour servir d’épreuve qualificative française pour l’UCI GranFondo World Série. L’UCI Granfondo World Séries (UGFWS) est une série de courses approuvées par l’Union Cycliste Internationale à travers le monde. Elle compte un maximum de vingt-et-une épreuves qualificatives qui mèneront aux Championnats du Monde Granfondo UCI qui seront organisés à Poznan en Pologne du 28 août au 1er septembre 2019. Les meilleurs 25 % de chaque catégorie d’âge lors des épreuves qualificatives auront automatiquement le droit de participer à ces Championnats du Monde et de concourir pour le titre de champion du monde et son maillot arc-en-ciel de l’UCI.

Avant même de prendre le départ, je ne me berçais pas d’illusion. J’avais peu d’espoir de décrocher une qualification pour Poznan. D’autant que ces épreuves GranFondo World Série attirent des coureurs très compétitifs qui roulent à un très haut niveau et dont les performances sont pour certains assez proches du talent des coureurs professionnels et bien supérieurs à la majorité des cyclosportifs. Quand certains ne se dopent pas, comme l’un des champions du monde 2018 (article du Gran Fondo Daily News )! Ainsi, mon inscription sur la Bourgogne Cyclo s’inscrit simplement dans mon programme cyclosportif. Et si je me suis rendu à Viré-en-mâconnais, c’est plus par habitude en vu de préparer mes propres objectifs sur un parcours exigeant, que par une volonté de décrocher une qualification improbable au championnat du monde.

À l’occasion de cette épreuve UCI GranFondo World Série, le parcours a été légèrement modifié par l’organisation. La principale modification porte sur la suppression de la montée sur Solutrée-Vergisson qui est remplacée par la montée sur Cluny. Cinq cols sont au programme de ce joli parcours : Le col de Brançion, le col des chèvres et ses forts pourcentages, le col de Beaufer, le col de la pistole, le col des quatre vents et le col du Grand Vent. De nombreux « raidars » viennent également durcir un peu plus ce parcours déjà exigeant.

Côté météorologie, cette édition 2019 de la Bourgogne cyclo s’annonce plutôt bien arrosée et venteuse. Et si les prévisions pessimistes se vérifient, l’édition 2019 de la Bourgogne s’annonçait déjà comme une course de guerriers…

En raison de la sélection pour les championnats du Monde, la ligne de départ est organisée en plusieurs sas correspondant aux différentes tranches d’âge. Les plus jeunes se trouvant dans les premiers sas. Je me trouve pour ma part dans l’avant-dernier sas. Comme cela été prévisible, nous sommes bien plus nombreux que sur les éditions précédentes. Mais il est bien difficile d’estimer le nombre des inscrits d’autant que les sas et les espaces libres entre les sas étirent la longue filent des concurrents sur plusieurs centaines de mètres. J’ai bien essayé d’obtenir l’information auprès de l’organisation, mais les réponses varient de 1900 à 8000 concurrents. Ce doute perdurera jusqu’à la ligne d’arrivée lorsque l’on me donnera mon classement.

Comme prévu ce samedi 27 avril, la pluie nous cueille dès notre arrivée dans les sas de départ. Nous sommes tous un peu transit, engoncés dans nos vestes de pluie et impatient que le départ soit donné pour nous réchauffer dans l’effort. Même s’il faut être lucide, les prévisions météorologiques du jour ne sont pas bonnes et échapper à la pluie sera quasi impossible. Comme par miracle, la pluie cesse momentanément à quelques minutes du départ. Nous sommes quelques-uns à tomber la veste de pluie pour éviter le coup de chaud lors des premiers efforts. D’autres la conserveront quelques kilomètres ou jusqu’au bout de l’épreuve. Nous ne sommes pas tous égaux face aux éléments climatiques.

Le départ du parcours GranFondo est donné à 9h00. Malheureusement l’organisation de la ligne de départ avec un phénomène d’entonnoir freine grandement les derniers sas. Je mettrais de longues minutes avant de pouvoir franchir les deux cents ou trois cents mètres qui me séparent de la ligne de départ et débuter réellement l’épreuve. Les premiers et les plus jeunes sont déjà loin lorsque nous franchissons enfin l’arche de l’UCI. 

Dès les premiers kilomètres, le parcours s’inscrit pleinement dans ce qui le caractérise : la dénivelée positive. Sortir de Viré en direction de Péronne nécessite de gravir les premiers coteaux.  L’organisation des sas, les problèmes du départ et la dénivelée positive contribuent à étirer les concurrents en une longue file indienne de plusieurs kilomètres. Contrairement aux épreuves traditionnelles, il va être difficile de constituer des pelotons. A contrario, nous ne roulerons jamais seuls. Tout au long de la remontée sur Azé, je reprends des concurrents, tout en me faisant remonter pas d’autres plus véloces. Nous traversons successivement les villages de Péronne, de Saint-Pierre de Lanques et de Lanques. Après une dernière côte nous arrivons à Rizerolles-Azé. Je suis alors accueilli par mon Fan club du jour : Nathalie ma coach, Emilie et Alexis accompagnés de leur fils Jules et Adriàn, nos petits-fils, qui ont fait le déplacement avec nous. Nos hôtes et Isabelle notre ami belge qui attend Jean-Christophe son mari inscrit sur le MédiaFondo. Nous échangeons de grands signes d’encouragement. Pas le temps de s’arrêter, je poursuis ma route humide et grise.

Nous filons maintenant en direction de Blanot et Donzy-le-Pertuis. Dès la sortie de Rizerolles la pente repart à la hausse sur cinq kilomètres avec une pente moyenne de quatre pour-cent. Aucun peloton ne se forme vraiment. Nous progressons plutôt en file indienne dans un sous-bois verdoyant. Un peu avant l’intersection entre les départementales 15 et 146 nous bifurquons à droite en direction de Blanot et Chissey-lès-Mâcon. Après quelques kilomètres, nous sommes rattrapés par les premiers de MédiaFondo. Jean-Christophe m’encourage, je lui réponds bien amicalement.

La descente sur Blanot a conservé les stigmates des mauvaises conditions météorologiques des derniers jours : sable, terre et gravillons recouvrent de grandes portions de routes. Il faut rester vigilant pour éviter le chutes qui ne tardent pas de survenir. Même Jean-Christophe notre ami belge, ira au sol avant de repartir avec quelques contusions.

A Chissey-lès-Mâcon nous attaquons la montée sur le col de Brançion, une belle mise en jambe avant le col des chèvres. Petit à petit le château de Brançion se découvrent sur son éperon rocheux. Comme sur la Morvandelle, je réalise toutes mes ascensions aux sensations. Cela me réussit plutôt bien, et même encore mieux que sur la Morvandelle. Je ne le sais pas encore, mais je bats tous mes records personnels sur chacun des cols du parcours.

Passer Brançion, il nous faut peu de temps pour attaquer la montée sur le col des chèvres avec sa pente moyenne à huit pour-cent et ses passages entre dix et douze pour-cent. Je passe assez bien cette difficulté et bascule rapidement dans la descente en direction de Mansey et de Tournus. Un petit groupe se forme momentanément à l’approche de Tournus. Il est constitué de concurrents du GranFondo et du MédiaFondo. Passé les faubourgs de Tournus, nous entamons l’ascension du col de Beaufer à plus de quatre pour-cent de moyenne. Dans une portion à huit ou neuf pour-cent le groupe se disloque par l’arrière. Nous basculons rapidement en direction d’Ozenay et du premier point de ravitaillement.

S’en suit la montée sur Mont-Main puis du col de la pistole qui marque la fin de la boucle Nord du parcours. Sa descente nous ramène à Chissey-lès-Mâcon. Par moment quelques gouttes viennent nous arroser doucement dans la montée sur le col de la Percée et Blanot. Elles annoncent le retour des précipitations. Nous restons vigilant dans la descente pour éviter tous ses pièges déposés par le mauvais temps. D’autant que régulièrement nous sommes ralentis par les commissaires de courses qui interviennent pour sécuriser l’intervention des secours sur des chutes.

Dès le pied de la descente nous enchaînons la montée sur le col des quatre vents et le Bourg de Donzy-le-Pertuis. Notre groupe se réduit maintenant à trois éléments et nous collaborons dans la prise des relais pour essayer de maintenir une bonne allure. Mais la pluie s’accentue. Après avoir franchi les faubourgs de Cluny et alors que nous débutons l’ascension du col de Grand Vent, le déluge s’abat sur nous ! La masse des nuages noirs semble se vider sur nous. La pluie cingle le visage. La visibilité se réduit. Elle est aggravée pas les projections des vélos qui me précèdent. M’arrêter ou continuer, telle est mon dilemme ! Si mes compères ont conservé leur veste de pluie, j’ai pour ma part rangée la mienne depuis le départ. J’essaye de résister en me disant que ce n’est peut-être qu’une averse orageuse passagère. Mais l’humidité commence à transpercer mes deux couches de vêtements. Et le déluge ne cesse pas. Mon souvenir d’une situation similaire sur les Trois Ballons resurgit. J’avais alors fait le choix de poursuivre pour ne pas perdre le contact avec mon groupe, et j’avais fini frigorifié à la limite de l’hypothermie. Après quelques minutes, je prends la décision de m’arrêter et revêts ma veste de pluie en regardants partir mes collègues et néanmoins concurrents. Quitte à m’arrêter, j’en profite pour avaler une barre. Je repars, mais le trou est fait. Alors que nous empruntons des portions de la route Lamartine, la pluie se calme un peu.

Le dernier ravitaillement se situe dans le bourg de Tramayes, au beau milieu de la montée sur le col de Grand Vent. Je m’y arrête pour compléter mes bidons et avaler mon traditionnel pain camembert riche en BCAA. je termine mon festin par deux morceaux de banane. La pluie cesse petit à petit, je garde encore un peu ma veste de pluie, et repars.

La remontée sur Viré est toujours aussi complexe : tantôt roulante, tantôt accidentée. Je profite des premières portions pour essayer de reprendre du temps sur le chronomètre, tout en essayant de garder des ressources pour les derniers « raidars ». Je remonte plusieurs concurrents, et renseigne quelques concurrents francophones sur le profil du parcours restant. Certains me remercieront passé la ligne d’arrivée.

Je termine cette nouvelle participation en six heures et dix-neuf minutes et améliore mon temps personnel de plus de quarante minutes par rapport à ma dernière participation. Tout au long du parcours j’ai amélioré vingt-et-un records personnels notamment sur les différents cols.

Pendant quelques minutes, j’ai été très surpris et heureux de mon classement. La représente de l’organisation confondant le nombre des « finishers » du parcours Granfondo avec le nombre total des inscrits sur les trois parcours. Elle m’annonce même que j’ai raté de peu la sélection pour les championnats de Monde. En fait, il n’en est rien et si j’ai effectivement amélioré mon temps, je suis loin des résultats exceptionnels annoncés. Prochain rendez-vous la Granfondo Vosges à La Bresse-Hohneck !