J’ambitionne pour cette saison 2019 de m’inscrire sur le Tour du Mont Blanc Cyclo en ultra solo (338 km | 8450 m/d+) et de revenir sur le Raid des Sept Majeurs (360 km | 12000 m/d+). Je suis par ailleurs déjà inscrit sur l’épreuve des Trois Ballons (210 km | 4400 m/d+) et sur la Super Granfondo Galibier Izoard (198 km | 4650 m/d+).

Vouloir participer à des cyclosportives ou des challenges de plus de deux cents à plus de trois cents kilomètres nécessite de se préparer spécifiquement. Physiquement, il faut entraîner son corps à supporter l’appui prolongé sur la selle entre douze et plus de vingt-quatre heures. Physiologiquement, cela nécessite d’acquérir l’endurance nécessaire en s’entraînant à tenir un rythme sans gaspiller de forces inutiles, mon capteur de puissance sera un allié précieux. Enfin, d’un point de vue nutritionnelle, il faut aussi trouver la bonne formule pour apporter à son organisme tous les nutriments nécessaires en évitant tous les soucis de rejet du sucré, de déshydratation et d’hypoglycémie. Il me faudra ainsi, préparer mon organisme à travailler en étant économe en glycogène en privilégiant la filière lipidique (graisse).

Se dépasser physiquement c’est créer un déséquilibre entre l’objectif de l’épreuve et ses propres ressources physiques tout en essayant malgré tout de rester dans le domaine de la maîtrise (fluidité performance). Lorsque l’objectif est trop ambitieux par rapport aux ressources, le risque d’échec augmente. On perd le contrôle, la panique peut s’installer et nous pousser à la faute, à l’abandon… La préparation physique et mentale est donc essentielle.

Aussi, après un arrêt d’un an sur les dodécaudax par manque de disponibilité, je reviens pour cette saison 2019 sur ce beau challenge qui consiste à réaliser au moins une fois par mois une sortie de plus de deux cents kilomètres. Ce challenge aura une place particulière dans ma préparation physique puisque ces dodécaudax constitueront les entraînements continus longs de mon plan d’entraînement. De fait, je parle de dodécaudax, mais j’envisage aussi de réaliser des tridécaudax (distance minimale de trois-cent kilomètres).

Dodécaudax 2019 # Acte 1 : Chasse aux cols autour de Lézignan Corbières – Samedi 19 janvier 2019

Dans ma préparation 2019, ce premier dodécaudax de 259 kilomètres et 1867 mètres de dénivelée positive devait servir de test. Ainsi, après une année sans avoir réalisé régulièrement de sorties longues distances, il me semblait nécessaire de tester mon niveau d’endurance afin d’affiner les distances et la dénivelée pour la suite de ma préparation. Le profil de parcours, sa longueur, le type de routes tout a été étudié pour que ce test soit le plus pertinent possible.

Je m’en suis sorti plutôt bien avec dix heures et quarante minutes de déplacement à une vitesse moyenne de 24,3 kilomètres par heure. Je suis satisfait, car je n’ai pas accumulé de fatigue excessive. Je bats un nouveau record de distance et surtout, je sais maintenant que je vais pouvoir rapidement tester les trois cents kilomètres ainsi que le cumul sur plusieurs jours (200+100, 200+200 et peut-être 3×200) pour habituer l’organisme à rouler sur de la fatigue.

Dodécaudax 2019 # Acte 2 : Vadrouillage seine-et-marnais – Samedi 16 février 2019

Pour ce deuxième dodécaudax de l’année 2019, j’ai décidé de rouler dans mon jardin, sur mes routes d’entraînement et de profiter de ce radieux soleil qui illuminait mes belles routes d’entraînement. Rouler est une chose, mais il faut aussi savoir égayer sa route de la beauté des lieux. La Seine-et-Marne est riche de beaux bâtiments, les éviter aurait été une offense : Vaux-le-Vicomte, Blandy-les-tours, Champeaux et sa collégiale… Le départ fût un peu tardif en raison du gel matinal et du risque de verglas. Rouler prudemment sur les parties humides et brillantes m’a fortement ralenti sur la première heure, mais que de belles images du soleil rasant sur la campagne blanchie et de la vapeur qui s’élève sous l’effet des premiers rayons de soleil.

Deux-cent un kilomètres parcourus en sept heures et trente-quatre minutes à la vitesse moyenne de déplacement d’un peu plus de vingt-six kilomètres par heure, je suis satisfait. Il va falloir maintenant penser au prochain dodécaudax de mars, car il n’est pas dit que mon séjour de trois semaines en Hautes-Pyrénées me permette de le réaliser sur place, notamment si la neige fait des siennes…

Dodécaudax 2019 # Acte 3 : Trilogie dans l’Aspin – Mardi 26 mars 2019

Réaliser un dodécaudax dans les Hautes-Pyrénées, même en mars, ne pouvait que m’inciter à chercher un parcours un peu accidenté. Cependant, si la neige a bien fondu sur certains massifs pyrénéens, les cols les plus mythiques comme le Tourmalet demeurent fermés. J’avais donc le choix entre un parcours avec un peu moins de dénivelée positive en vallée, ou un parcours de type « cinglés du Ventoux » sur le joli col de l’Aspin depuis Bagnères-de-Bigorre. Adepte des défis un peu physiques, j’ai tout naturellement opté pour la deuxième option : Trois ascensions consécutives de l’Aspin depuis Bagnères-de-Bigorre, soit un peu plus de vingt-cinq kilomètres d’ascension par montée. Pour que ce dodécaudax soit le plus représentatif des épreuves qui m’attendent pour la suite de ma saison, j’ai clos les quarante-cinq derniers kilomètres sur un parcours mixte constitué d’un faux plat descendant avec le vent de face, puis d’un faux plat montant de vingt kilomètres avec quelques belles côtes. Et ce final usant est effectivement représentatif de certaines courses comme la Bourgogne Cyclo par exemple.

Deux-cent un kilomètres et trois-mille trois-cent trente-quatre mètres de dénivelée positive en neuf heures et vingt-sept minutes à la vitesse moyennes vingt-et-un kilomètres par heure. Je suis assez satisfait, car en ce début de saison le cumul de dénivelée positive par sortie n’a jamais dépassé mille-cinq cent mètres. Ma saison montagnarde 2019 peut-être considérée comme ouverte.

Tridécaudax 2019 # Acte 4 : Pérégrination briarde Mercredi 17 avril 2019

Depuis mon dodécaudax de mars et ma trilogie dans l’Aspin, mon programme 2019 s’est affiné. Pour des raisons d’organisation logistique et de disponibilité ma participation au tour du Mont Blanc devenait difficile pour ne pas dire compromise. L’annonce de l’organisation de la première Race Across Île-de-France les 6 et 7 juillet 2019 a été le déclic : je ne serais pas sur le Tour du Mont Blanc en 2019 et je suis d’ores et déjà inscrit sur la Race Across Île-de-France sur le parcours de 500 km.

Mes dodécaudax vont donc avoir un importance majeure dans la préparation de cette Race Across. Il était donc temps de rallonger la distance et de franchir une marche supplémentaire afin de me préparer progressivement. Tutoyer les 300 kilomètres ne pouvait me suffire, je devais les franchir ! Et franchir la barre des trois cents kilomètres est plus une barrière mentale que physique. Je devais donc me tester.

Si tous les périples se passaient toujours dans de très bonnes conditions, il n’y aurait plus de place pour l’aventure. Et pour ce premier trois-cents kilomètres de ma carrière cycliste c’est dans un brouillard assez épais que j’ai réalisé la première boucle de cent-vingt kilomètres à la vitesse moyenne de plus de vingt-cinq kilomètres par heure. Ce fût assez compliquer avec une visibilité parfois très réduite, une humidité importante et par malchance la fermeture éclaire de mon gilet de sécurité qui a cédait juste avant le départ.

Par bonheur, le ciel s’est dégagé vers la mi-journée me permettant d’augmenter ma moyenne globale. Je termine ce premier tridécaudax en douze heures et quatorze minutes à la vitesse moyenne de plus de vingt-six kilomètres pas heure. Surtout je le clos en très bonne forme physique qui aurait pu me permettre, avec un peu plus de temps, de franchir la barre de quatre cents kilomètres sans souci majeur.

Tridécaudax 2019 # Acte 5 : Le pétillant col de Crémant dans le Chablis

Confirmer ma capacité à rouler plus de trois-cents kilomètres était l’un des objectifs de ce nouvel tridécaudax. Il devait également me permettre de tester ma nouvelle machine sur un long parcours vallonnée. L’organisation de ce nouvel opus de ma saison dodécaudax 2019 ne fut pas facile. Initialement, j’avais prévu de réaliser ce cinquième acte de mai dans l’Aude sur un parcours accidenté me conduisant de Leucate à Carcassonne, de Carcassonne à Béziers pour un retour par le littoral méditerranéen. Malheureusement, une très forte Tramontane persistante et constante m’en à sérieusement empêchée. Remplacer ce beau parcours au pied levé en essayent d’intégrer un peu de dénivelée sur des parcours quasi plats de la région parisienne a nécessité un peu de créativité. Je suis assez satisfait par ce parcours qui présente au final un peu plus de dénivelée positive qu’initialement affiché par l’application Garmin Connect.

La descente vers Auxerre fut assez agréable. Les températures furent assez douces toutes la matinée. Seul un petit vent de face est venu troubler ma descente vers Auxerre et le reliefs de Chablis.  Comme recherché, le profil s’est un peu relevé l’approche d’Auxerre. La Vallée de l’Yonne à partir de Champ-sur-Yonne est très agréable et apporte un peu de fraîcheur avant d’attaquer l’ascension du pétillant col de Crémant. Pétillant par son nom mais également par sa pente avec une moyenne à 12,8% et un maxi à 15% sur une petite route tranquille.

La remontée sur Tonnerre via Chablis ne fut pas de tout repos. Les bosses y sont usantes sous les premières chaleurs de l’année. Il faut savoir gérer les efforts et passer les coups de moins bien pour laisser à l’organisme le temps d’adaptation. Par bonheur le « Ravito » à la boulangerie de Chablis m’a permis de recharger les batteries avant de repartir pour la seconde partie du parcours et ma remontée sur la Seine-et-Marne par Bray sur Seine. Avec 39°C en plein soleil, cette remontée fut vraiment harassante. La recherche d’eau fut quasi constante. Les premiers coups de soleil de l’année ont fait leur apparition. Par bonheur, les paysages furent suffisamment agréables pour égayer ma progression et me faire oublier la chaleur.

Je termine ce parcours en treize heures et trente-cinq minutes de temps de déplacement avec une moyenne kilométrique de plus de vingt-quatre kilomètres par heures. Je suis assez satisfait. J’aurai aimé améliorer ma moyenne kilométrique, mais les premières chaleurs sont toujours difficiles. L’organisme doit s’adapter et il faut être patient tout en soignant son hydratation. Cela nécessite de rechercher en permanence les fontaines ou tout points d’eau potable en traversant les villages à vitesse réduite. Et une fois de plus mon périple prouve que les points d’eau opérationnels sont de plus en plus rares dans nos campagnes, tout comme les petites épiceries dans les villages. Il reste encore les cimetières où l’on peut encore trouver quelques robinets. Vouloir développer les déplacements doux, impose aussi de prévoir des points d’eau pour permettre aux cyclistes, aux randonneurs de s’abreuver sous le soleil…

Juin annonce la venue d’un gros bloque avec les Trois Ballons et les Super Granfondo Galibier-Izoard. Il se terminera par ma participation à la Race Across Île-de-France début juillet. Aussi, les Trois Ballons serviront de support pour mon dodécaudax de juin.