Le raid permanent des 7 Majeurs

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A la folie, pas du tout…

Depuis quelques jours, je suis inscrit sur ce qui devrait être l’événement phare de ma saison 2017. Ce projet, de prime abord pourrait paraître déraisonnable, un peu fou. Aussi, pour que vous puissiez l’appréhender à sa juste valeur, il me semble nécessaire d’expliquer ma démarche sportive en faisant notamment un petit retour sur ma jeune carrière cyclosportive.

Tout a commencé le 1er mai 2011 ! Ce jour-là, je participe à ma première cyclosportive, la bien nommée « Vélostar ». Je m’en souviens encore comme si cela était hier ! Comme sur beaucoup de cyclosportives, les concurrents du grand parcours s’élançaient quelques minutes avant ceux du petit parcours. J’étais rêveur en les regardant partir. Je pensais alors, que je n’arriverais jamais à terminer une cyclosportive longue distance de cent-soixante kilomètres. Oh bien sûr je débutais. Pour tout dire je tâtonnais. Cette première expérience m’a incité à continuer à explorer le circuit des cyclosportives ! J’avoue, ce ne fut pas toujours facile. Par manque d’expérience j’ai commis de nombreuses erreurs stratégiques de placement, d’alimentation ou d’hydratation. Ma gestion approximative de l’effort  m’a souvent conduit à me mettre dans le rouge. J’ai quelques fois souffert notamment de crampes. J’ai parfois fini bon dernier… Mais j’ai persévéré ! Puis au fil des saisons, j’ai progressé. Les parcours se sont rallongés. La dénivelée est montée graduellement. Et j’ai franchi le pas en passant sur les grands parcours. Passer des petits aux grands parcours n’a pas été insurmontable. J’y ai même plutôt pris goût. J’ai appris au contact des plus anciens. Je me suis pris au jeu du trophée Bourgogne des cyclosportives et du grand trophée en enchaînant le maximum d’épreuves. Aussi, depuis trois saisons, presque tous les weekends de mai et de juin sont consacrés à courir tout en découvrant la Bourgogne, le Morvan mais aussi les Alpes.

Si 2014 est marqué par la création de mon blog, c’est aussi l’année de lancement de mes périples montagnards estivaux : Raid Pyrénéen, Randonnées Alpines… Le but de ces challenges est bien d’enchaîner de la distance et de la dénivelée positive quotidiennement et de relier un point A à un point B en un temps limite tout en chassant les cols et en explorant les territoires traversés. J’ai alors découvert que j’avais assez d’endurance pour tenir et prendre plaisir à enchaîner les cols et les difficultés.

Ma pratique cycliste évoluant, je me suis intéressé à quelques challenges mythiques. L’aventure des « Cinglés du Ventoux » est de ceux-là. Pendant très longtemps, j’ai pensé que gravir trois fois le Mont Ventoux dans la même journée exigeait un effort surhumain. Je pensais même que très peu s’y osaient que cela était réservé à une élite du cyclisme, une espèce d’extra-terrestres. Et je dois le dire, mes échanges avec beaucoup de cyclistes me confortaient dans cette pensée négative. Aussi, j’étais persuadé que je n’aurais jamais la force et les capacités de le faire. Mais une fois de plus je me suis trompé ! Le 30 août 2015, j’ai réussi à dépasser mes craintes et je me suis élancé ! Non seulement, je l’ai terminé mais en plus j’y ai pris du plaisir. Ce ne fut pas qu’une partie de rigolade. Ce fut même par moment assez rude sous le soleil, ou face au vent, mais c’était faisable avec un minimum de préparation physique et mentale.

Très récemment, j’ai publié un article intitulé « Les 3 Ballons un cap est franchi… ». Lors de cette épreuve en prenant en compte mon échauffement, mon erreur de parcours pour rejoindre la ligne de départ et le parcours lui-même, j’ai porté à deux-cent-quarante kilomètres pour plus de quatre-mille-trois-cent mètres de dénivelée positive mon nouveau record personnel. Tutoyer les deux-cent-cinquante kilomètres, c’est comme valider un niveau dans mon activité cycliste. C’est aussi une porte qui s’ouvre sur de nouveaux espaces, vers ce que les italiens appellent le « Gran Fondo » et les anglo-saxon le « Big Ride ». Me voilà à soixante kilomètres du seuil des trois-cent kilomètres. Un saut de puce ! Et au vu de ma première participation aux 3 ballons, l’atteinte de ce nouveau seuil est largement à ma portée. D’autant que j’ai terminé l’édition 2016 des 3 Ballons en assez bonne forme physique.

Bien souvent, nous nous fixons des limites qui n’existent que dans notre esprit. Or, que risquons-nous à essayer de les franchir ? Car essayer n’est pas déraisonnable ! Essayer c’est découvrir et surtout se découvrir ! Essayer c’est aussi apprendre, apprendre à gérer, apprendre à aller plus loin, apprendre à aller vers l’inconnu et à se dépasser pour atteindre le graal ! Et surtout je n’aime pas les regrets. Or, ne pas essayer conduits souvent à avoir des regrets : « J’aurais dû… », « j’aurais peut-être pu …? ». La richesse de l’expérience et la connaissance de notre « moi » nous aident à aller plus loin, faut-il encore accepter de sortir de sa zone de confort et de se jeter dans l’aventure.

Ainsi à l’aube de ma saison 2017, plusieurs interrogations me hantaient : Que faire de mes nouvelles capacités à rouler près de 250 kilomètres ? Comment les entretenir et les développer ? D’autant qu’il demeure une inconnue dans l’équation distance/dénivelée ! Si je sais pouvoir rouler 250 ou 300 kilomètres, quelle est la dénivelée maximale que je suis capable de franchir en mode non-stop ? Aujourd’hui, mon record personnel s’établit à cinq-mille mètres sur la Marmotte 2015. Qu’en sera-t-il avec huit-mille mètres ou plus ? Pour le savoir, je vais devoir m’essayer sur un challenge à la hauteur de mon questionnement !

J’hésitais donc entre m’inscrire sur le tour du Mont Blanc (330km/8000 m de D+) ou l’épreuve Marathon de l’Ardéchoise (261 km/4500m D+). J’avoue, j’ai aussi une petite attirance pour d’autres épreuves un peu plus extrême tels le Raid Extrême Vosgien et ses plus de cinq-cents kilomètres, mais la marche est haute. La machine à cogiter c’est mise en marche.

Et puis un jour je suis tombé sur un article Facebook de Patrick Gilles annonçant la création d’un beau challenge : « Les 7 majeurs ». Ce fut le coup de foudre ! Patrick, que je ne connais pour l’instant que par Facebook, a su attirer mon attention sur de nouvelles aventures humaines. Le raid des « 7 majeurs », qu’il a créé, en fait partie. Ce raid offre la possibilité de se battre contre soit même pour aller chercher des ressources inconnues et dépasser ses propres limites dans un environnement montagnard grandiose. Ce devrait être une belle aventure personnelle où l’absence de classement donne une certaine beauté et une certaine intimité à ce challenge sportif ! Patrick, a su en plus associer l’épreuve à l’association Européenne contre la Leucodystrophie (ELA). Ce raid offre donc aussi la possibilité de se dépasser utilement.

 « Le sport va chercher la peur pour la dominer, la fatigue pour en triompher, la difficulté pour la vaincre. »
(Pierre de Coubertin)

Il est tant que je vous présente l’épreuve, car vous l’avez maintenant compris, mon projet 2017 c’est bien ma participation aux « 7 majeurs » qui risque de devenir rapidement un challenge mythique !


Le Raid permanent des 7 majeurs

Le défi des 7 majeurs est un raid permanent qui consiste à braver 7 cols alpins de plus de deux-mille mètres d’altitude : Vars, Izoard, Agnel, Sampeyre, Fauniera, Lombarde et Cime de la Bonette. Comme le précise le site de la confrérie des 7 majeurs : « ces 7 cols appartiennent à la légende du cyclisme. Théâtre d’exploits et de défaillances, quelques-unes des plus belles pages du Tour de France et du Giro y ont été écrites. Enchaîner ces 7 monstres sacrés en moins de 24 heures tel est le challenge à relever pour devenir Grand Maître de la confrérie des 7 Majeurs. » « Une épopée cyclomontagnarde de 360 km avec plus de 10 000 m de dénivelé positif. Assurément le sommet de votre saison. »

La Confrérie des 7 Majeurs compte 3 grades :

  • Grand Maître : il faut réaliser l’intégralité du parcours dans un délai maximal de 24 heures;
  • Maître : il faut réaliser l’intégralité du parcours dans un délai maximal de 48 heures
  • Membre : il faut grimper chacun des 7 cols entre juin et octobre d’une même année.

Le parcours peut être réalisé indifféremment dans le sens horaire ou antihoraire.

La dureté de ce challenge réside dans le cumul de la distance et de la dénivelée. Aussi, le profil des cols revêt une certaine importance.

 

Le col de Vars :

Altitude : 2108 m
Départ : Les Gleizolles
Longueur : 14.10 km
Dénivellation : 798 m
% Moyen : 5.66%
% Maximal : 10.6%

Le col d’Izoard :

Altitude : 2360 m
Départ : Briançon
Longueur : 20.00 km
Dénivellation : 1141 m
Moyen : 5.71%
Maximal : 9.4%

Le col d’Agnel :

Altitude : 2744 m
Départ : Château Queyras
Longueur : 23.00 km
Dénivellation : 1382 m
% Moyen : 6,5%
% Maximal : 10%

Colle di Sampeyre :

Altitude : 2284 m
Départ : Sampeyre
Longueur : 15.60 km
Dénivellation : 1329 m
% Moyen : 8.52%
% Maximal : 9.5%

Colle della Fauniera :

Altitude : 2511 m
Départ : Ponte Marmora
Longueur : 22.00 km
Dénivellation : 1567 m
% Moyen : 7.12%
% Maximal : 11.1%

Colle della Lombarda :

Altitude : 2350 m
Départ : Pratolungo
Longueur : 21.30 km
Dénivellation : 1447 m
% Moyen : 6.79%
% Maximal : 9.1%

 

La Cime de la Bonette :

Altitude : 2802 m
Départ : Saint Etienne de Tinée
Longueur : 25.80 km
Dénivellation : 1652 m
% Moyen : 6.4%
% Maximal : 15%

 

Si vous voulez en savoir plus vous pouvez aller visiter le site des 7 Majeurs (http://www.les7majeurs.com/)

Voici le lien pour la liste des inscrits pour 2017 (http://www.les7majeurs.com/index.php/inscription/inscrits/)


Mon organisation pour les 7 majeurs

Je m’élancerai sur ce défi depuis Jausiers. Il me reste encore à trouver un gîte qui servira de camp de base pour une semaine. Si nous avons déjà quelques options, il est encore trop tôt pour bloquer définitivement la date où je m’élancerai et donc confirmer une réservation. Pour l’instant, ce serai plutôt sur la deuxième quinzaine de juin notamment pour récupérer totalement de l’épreuve des « 3 ballons » qui aura lieu le 10 juin et qui servira aussi d’épreuve préparatoire.

Rouler vingt-quatre heures en montagne nécessite d’anticiper l’impact de l’absence de sommeil sur ma progression. La nuit tous les sens doivent être en alerte sans être altérés par la fatigue. Aussi, il semble plus prudent de placer la période nocturne en tout début de parcours lorsque la concentration sera au plus haut et que la fatigue ne se sera pas encore installée. Cette organisation de ma journée devrait également me permettre de ne pas trop subir la chaleur. Je m’élancerais donc aux environs de vingt-deux heures. Aussi, j’ai déjà choisi le sens de mon parcours, il s’agira du sens horaire. Je débuterai donc par l’ascension du col de Vars et poursuivrais dans l’ordre chronologique par les cols d’Izoard, d’Agnel, de Sampeyre, de la Fauniera et de la Lombarde pour terminer par la Cime de la Bonette. Ce choix s’est imposé à moi compte tenu de mon heure de départ et de ma connaissance des cols de Vars, d’Izoard et du collet sur la commune de château-Ville-Vieille. En effet, si rouler de nuit présente des avantages et inconvénients, la connaissance des cols est un plus qui me fallait mettre à profit. Par contre, il me reste à espérer que la chaleur ne m’accablera pas trop dans les dernières ascensions et dans la vallée de la Tinée.

D’un point de vu sportif, la longueur du parcours et l’importance de la dénivelée vont m’imposer une gestion de l’effort. Je vais donc devoir apprendre à contrôler mes phases d’euphorie et à gérer les passages à vide car il y en aura certainement. En toute logique, je vais viser le grade de grand maître, même si pour moi l’essentiel c’est de finir le parcours en mode non-stop. Pour rester sous la barre des 24 heures, je devrais maintenir ma moyenne horaire au-dessus de 15km/h. Pour l’élaboration de mon roadbook, je suis resté sur des moyennes éprouvées lors de mes raids pyrénéens et alpins, soit une vitesse moyenne de 10km/h dans les ascensions et de 50km/h dans les descentes. Je pense que dans les faits, je vais rencontrer, sous l’effet de la fatigue, une dégradation de ces vitesses moyennes. Sur cette base, je clos le parcours en presque 20 heures, ce qui me laisse une réserve de temps de 4 heures qui pourra être dédiée à la restauration et permettre de compenser la perte de temps liée à la fatigue. Pour ceux que cela intéresse, voici mon roadbook (Roadbook Les 7 majeurs).

Dans la mesure où je vais m’élancer en quasi autonomie, je vais devoir également gérer la logistique alimentaire, hydrique et technologique (compteur, éclairage…) tout en étant économe sur le poids de ma monture.

Côté monture, je m’élancerai avec mon fidèle CKT 369. En termes de transmission, je conserverais mon compact en 50/36 Powertap C1 avec une roue libre de 11×30 ou 11X32 en cours d’acquisition. Pour les pneumatiques, je conserverais mes pneus Continental Grand Prix 4000 S II en 700×23 qui ont fait leurs preuves en termes de rendement et de résistance, y compris sur les portions non goudronnées.

Pour éclairage, je pense me doter d’un éclairage complet en plus de ma frontale. En la matière le choix doit prendre en compte, la puissance, l’autonomie mais aussi le poids. Plusieurs marques ont attiré mon attention : Lezyne, BBB, Sigma et le modèle Vario de Garmin. Pour compléter cet équipement je vais également faire l’acquisition d’une bombe « Life Paint »  qui rendra une partie de mon équipement réfléchissant pendant au moins la durée de mon périple ce qui augmentera ma visibilité et donc ma sécurité vis à vis des automobilistes.

Pour ce qui concerne le guidage et l’envoi du tracé sur Strava, je vais devoir faire l’acquisition d’un second GPS GARMIN compatible avec le système de batterie extérieure et de recharge par panneau solaire de la marque Garmin. Cet équipement devrait me permettre de garantir le fonctionnement du GPS sur toute la durée de mon raid. Pour le reportage photo, j’emmènerai ma fidèle Gopro.

Rouler de nuit et de jour et en montagne, nécessite aussi de penser à la protection thermique du cycliste. Pour la protection contre le froid la nuit et dans les descentes ma veste Rain Stop d’Ekoi devrait faire l’affaire et si j’ai vraiment froid, j’emmènerai également mes jambières Rain Stop. Pour la journée, une tenue d’été devrait suffire avec éventuellement une veste de pluie ou un gilet coupe-vent pour les descentes.

Pour transporter toutes cette logistique, je roulerai en mode « bikepacking ». En l’espèce, le père Noël a exhaussé mes vœux en m’apportant une sacoche de selle « Saddle pack medium » de la marque Adipura. Sa capacité d’emport de quatorze litres devrait me permettre de transporter toute la logistique nécessaire pour au moins les douze premières heures de l’épreuve, vêtements compris. Ce type d’équipement évite le ballant à l’arrière du vélo notamment dans la montée en danseuse ou dans les virages en descentes.

2 Responses

  1. Bruno

    Salut je te laisse juge mais a mon avis passe en pneu de 25 pour ce defi neuf ou a peine rodé comme les patins de frein et emmene un emplatre en cas de coupure

    • admin

      Bruno,
      Effectivement les pneus CONTINENTAL GRAND PRIX 4000 S II existent également 700x25c. Pour ce qui est de leur fraîcheur et de celle des patins de frein, en général lorsque je m’élance sur mes raids montagnards, je met tout à neuf y compris ma chaîne et mes câbles de freins ou de dérailleurs s’ils commencent à être un peu usés. Mais tu as raison de la rappeler, car il serais décevant de devoir abandonner pour une raison mécanique.
      Pour l’emplâtre en cas de coupure, je pense que tu parles de coupure sur les pneumatiques. Pour ma par ce que je fais s’est que je coupe dans un vieux pneu des morceaux de différentes dimensions que je glisse dans ma sacoche de selle. Aussi, en cas d’entaille, je glisse une de ces pièces entre la face interne du pneu au niveau de l’entaille et la chambre à air. Avec la pression la pièce reste en place et je peux ainsi rentré sans crever. Ca prend peu de place, ça ne surcharge pas et ça ne coûte rien. En tout cas je te remercie pour tes conseils qui sont les bien venus. Encore merci à toi et peut-être à bientôt sur nos chères routes montagnardes.